Dimanche, j'arrêterai de rigoler, promis. Mais en attendant, il faut que je vous l'avoue, je me marre chaque jour un peu plus. Hier, un Sarkozy dans les pas du Général[1]. Aujourd'hui, une Ségolène aux allures mitterrandiennes[2]. Et on nous annonce la rupture, le changement ?

Si la crédibilité n'est pas du côté de l'UMP et du PS en matière de révolution, on pourrait aller la chercher chez les deux larons juste derrière. L'idée de lutter contre la bipolarisation de la politique française n'est pas nouvelle, mais elle commence à faire du chemin dans ma tête. Le Pen président, vite, très vite ? La bonne blague... Alors, reste Bayrou ? Si les profs, les sociaux-démocrates, les centristes (sauf Giscard, évidemment), les chiraquiens et les pro-européens veulent voter pour lui, il doit y avoir une bonne raison. Malheureusement, j'ai beau me dire qu'il est le fameux troisième homme, le sauveur, le messie, etc., etc., il reste une chose fort justement soulignée par Marie-George Buffet[3] : Bayrou est de droite, ancien ministre de Balladur, capitaliste et libéraliste convaincu. Je savais bien que quelque chose clochait.

Il y a d'autres candidats ? Je veux dire, de vrais candidats ?

Faute d'avoir trouvé qui soutenir, j'élimine donc ceux que je ne soutiendrai pas. Jour après jour, je me force à choisir quelqu'un qui ne sera pas dans mon enveloppe dimanche. Vous appellerez sans doute cela la politique du moins pire, je préfère me dire que c'est la seule solution pour que je fasse fièrement honneur au droit de vote. J'ai d'ores et déjà éliminé le vote blanc, le vote nul et l'abstention, la triplette magique du silence électoral. Mais avec cette chasse aux sorcières présidentielles, j'espère qu'il restera un bulletin à glisser dans l'urne. Juste un...

Alors, en attendant dimanche (jour où j'arrêterai de rigoler, promis), je me marre. Parce que quelque chose me dit que le deuxième tour n'opposera pas Voynet à Besancenot. Parce que, par conséquent, je ne vois pas ce qui me donnera le sourire à 20h00. Qu'aurai-je envie de faire alors ? Fumer un clope ? Boire un whisky ? Sortir dans la rue ?

Ne pas voter pour le deuxième tour ?

Chirac et Jospin me manquent peut-être déjà...